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"Mais que se passe-t-il à Nantes ?"

27 septembre 2022

"Mais que se passe-t-il à Nantes ?"

Avant que ne reprennent, la semaine prochaine, les travaux de la session parlementaire, je suis de retour à l’Assemblée pour travailler sur le budget de la défense. 

Si je prends le temps de vous partager ces quelques lignes, c’est que je suis frappé (et inquiet) par les interpellations multiples qui me sont adressées concernant la sécurité à Nantes. « Mais que se passe-t-il, chez vous ? » : du serveur du café aux collègues députés, en passant par quelques journalistes croisés dans les couloirs ou sollicitant une intervention sur un plateau, la question est sur toutes les lèvres. Elle traduit une réalité qu’il ne faut pas se cacher. L’agression sordide dont a été victime une Nantaise ce week-end en est une triste illustration supplémentaire : fait divers après fait divers, agression après agression, reportages et articles de presse renvoient de notre ville une image profondément abimée.

Et le plus désolant est que cette image correspond à une réalité : les habitants, commerçants et travailleurs du centre-ville vivent dans la crainte des agressions. C’est une réalité face à laquelle déni et démagogie apparaissent de plus en plus insupportables.

Insupportable, le silence de trois longues journées de la maire de Nantes, qui n’a pas eu un mot public pour la victime ni pour ses concitoyens qui vivent dans l’inquiétude.

Insupportable, le quasi-fatalisme affiché par son adjoint à la sécurité qui nous explique que Nantes, auparavant préservée, ne fait que ressembler à d’autres métropoles qui vivent des situations d’insécurité dans leurs centres-villes.

Insupportable, la récupération de démagogues qui profitent de drames humains pour y puiser le carburant de leurs discours xénophobes.

Le temps est venu d’une prise de conscience, le temps est venu de réagir, vraiment. Il y a quelques années encore, Nantes, aux yeux de tous, c’était la métropole à la qualité de vie préservée. Et c’était vrai. Renoncer à cette singularité, ce serait tout à la fois trahir un projet collectif et abandonner les habitants à leur triste sort.

On parlait jadis de « jeu à la Nantaise » pour qualifier une capacité des acteurs locaux et nationaux à travailler ensemble, au-delà de leurs intérêts ou positionnements politiques, dans l’intérêt de la ville et de ses habitants. Force est de constater que sur le terrain de la sécurité publique, on n’y parvient plus. L’État a certes parfois mis du temps à prendre conscience du problème, mais nul ne peut nier que, ces dernières années, les moyens de police et de justice ont été considérablement renforcés : en tant que député, je suis en lien permanent avec le ministre de l’Intérieur et le garde des Sceaux pour suivre le déploiement des effectifs et des matériels. Et je voterai bien évidemment les augmentations de budget de ces deux ministères, pour amplifier la dynamique sur le terrain.

Mais qu’en est-il du partenariat indispensable avec la collectivité locale ? Engluée dans une coalition de moins en moins solide, otage d’alliés opposés à l’armement de la police municipale, opposés à la vidéoprotection, aveuglés par une idéologie qui les empêche de voir la réalité vécue par les Nantais, la majorité municipale se condamne à des demi-mesures.

Une police municipale active 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, dotée de moyens de protection et de défense face aux délinquants. Plus de caméras. Un meilleur éclairage public dans les zones de prédilection des agresseurs. Une prise en charge de transports à la demande des salariés et travailleurs qui rejoignent leur domicile la nuit… Voilà ce qu’attendent, légitimement, les Nantais.

Oui, il est temps de réagir. De poser tous les problèmes sur la table. Y compris la question de nos capacités d'accueil des migrants auxquels la ville a dit la bienvenue sans anticiper les moyens de les intégrer correctement. C’est ce que nous ferons au Parlement dans un texte en préparation, pour favoriser une meilleure répartition de ces populations accueillies sur notre territoire. Il ne s’agit pas simplement de donner ou non des papiers, mais bien de nous assurer que nous avons les moyens d’accompagner ces femmes et ces hommes dans leur insertion.

Tout ce travail, sur le terrain, à Nantes, nécessite une prise de conscience de la municipalité. Il est urgent de se mettre tous autour de la table, en abandonnant tout calcul politicien, tout tabou idéologique. De retour à Nantes, en fin de semaine, je rencontrerai les associations qui se mobilisent sur ces questions. Pour tenter de porter, avec elles, une méthode et des solutions concrètes aux questions qui se posent.

Pour contribuer à améliorer les conditions de vie à Nantes, et pour éviter qu’à Paris, on continue de se poser la question « mais que se passe-t-il à Nantes ? ».      

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